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  The Autobiography of mee too, I (réimpression)

Bouzard

 

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Course de Bagnole

Léon Maret

 

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Capitaine Capital

Lindingre

 

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Rayon Frais

Collectif

 

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Trésors de l'INRS

Cizo & Felder

 

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Le Goût du Paradis

Nine Antico

 

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Costume Cravate

Guillaumit

 

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COSMOS VOLUME II: GABRIEL HERNANDEZ

 

du 18 au 22 septembre 2012

Arteppes, place des Rhododendrons

à Annecy

vernissage le 19 septembre à partir de 18h30


"Gabriel Hernandez travaille à partir de l'imagerie populaire pour produire une oeuvre existentialiste, en quête des mythes et cauchemars de l'enfance. Il est l'auteur de Souliers Rouges, Petits Pois, Etc." un album de bande-dessinée (Les Requins Marteaux-2010). A l'occasion de l'invitation du "Festival des empreintes sonores", il décline son approche du dérisoire dans une installation inspirée par l'envoi de la sonde Voyager 2 en 1977, ambassadrice de l'humanité pour l'univers."

Alain Basso

COSMOS-VOLUMEII

 

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TRIPLE ASS: QUENTIN FAUCOMPRE

 

du 6 septembre au 1er octobre

la Black Factory, 17 rue Léon Blum

à Nantes

 

INAUGURATION DE LA BLACK FACTORY ET VERNISSAGE DE L'EXPOSITION TRIPLE ASS DE QUENTIN FAUCOMPRÉ

 

 

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NATURE SUCKS: WINSHLUSS

 

du 5 octobre au 8 décembre 2012

espace culturel François Mitterand

à Périgueux

vernissage le jeudi 4 octobre à 18h30

dévernissage le samedi 8 décembre à partir de 16h

 

"À l’Espace culturel François Mitterrand, Winshluss donne à voir pour la première fois un ensemble quasi rétrospectif de sa production artistique, révélant son imagination prolifique et ses pratiques multiples, par un choix d’oeuvres exceptionnel, aussi panaché et pétulant que représentatif de sa démarche, qui fait de lui l’incarnation de l'artiste investigateur, guidé par sa curiosité des matériaux, des formes et des styles."

 

winshluss.jpg

 

 

 


31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 11:17

 

 

Frankytete-copie-1.jpg  

Le psychiatre de l'armée, qui mit fin à mon élan patriotique en me fermant les portes du 8e RPIMA de Pau, m'avait pourtant prévenu. On reste toujours sous le joug plus ou moins heureux de notre première grande histoire d'amour. Il ajouta que ce n'est pas parce qu’on pense faire le bien - alors que bien souvent le bien c'est mal faire le mal et le mal c'est bien faire le mal - que l’on fait le bien... Quel beau métier que celui de charlatan ! Force est de constater que, même pour un homme de mon âge, le sentiment amoureux demeure toujours un terrible mystère. Et ses plaisirs associés, une énigme des plus insolubles.
Il est grand temps pour moi de mettre à plat les cartes de ma mémoire. Dans la pioche, le carré d'as de mes émois, le brelan de mon cœur, une simple paire de couilles qui m’a tant de fois permis de rafler la mise... Pas besoin de payer pour voir, il suffit juste de me suivre.

C'était l'été 1981, les socialistes étaient déjà au pouvoir. Pour faire face à la déliquescence des mœurs que le peuple de gauche manifestait dans les rues, mon père décida de mettre un terme mes études de commerce. Il fallait rentrer au plus vite pour défendre nos frontières en cas d’attaque bolchévique. Je quittai ma modeste chambre sous les toits du 18e arrondissement et pris le premier train direction Béthune, où Tata Huguette et mon cousin Jacky m'accueillirent à bras ouverts. Ce veinard de Jacky venait tout juste d’hériter, à la mort de son père Dominique, d'une entreprise de fabrication d'ustensiles de décoration d'intérieur de véhicules à moteur. Dés en mousse à fixer au rétroviseur, protège volant en moumoute, tapis de siège en bille de chêne véritable s'entassaient dans les entrepôts de l'usine familiale. Dieu bénisse les liens du sang, Jacky eut la gentillesse de m'offrir un poste de représentant de commerce pour son négoce qui, à l'époque, ne demandait qu'à se développer.

Même si je ne donnais que quelques semaines à ce gouvernement fantoche pour s’effondrer, je n’avais guère l’intention de rester les bras croisés. Certes l’essence était pour ma pomme et seuls les repas du midi étaient pris en charge, mais l’idée de sillonner les routes de ce grand pays, que je connaissais à peine, était des plus attrayantes.

On me confia une Citroën Visa aux couleurs de la société dont le coffre regorgeait d’échantillons promotionnels. Le Blaupunkt poussé au max, des 33 Export comme passager avant, des gitanes légères en circuit continu, mon périple pouvait commencer. La fenêtre grande ouverte, je me régalais, à pleins poumons, des effluves de goudron dont les relents avaient comme un parfum de liberté.

De villages en villages, de stations services en stations services, de routiers en routiers, je découvrais ce formidable terroir riche en âmes brusques, parfois frustes des habitants de ce que l'on nomme de nos jours la France d'en bas. Ébahi par tant de diversité, je me mis alors en quête de ce qui avait fondé notre belle nation... Je voulais comprendre cette terre magnifique. France, ma mie, où sont tes rêves passés et ton esprit frondeur ? Quelle est la signification cachée de tes trois mots hauts en couleur, liberté, égalité, fraternité ? Autant de questions entêtantes qui ne cessaient de se bousculer dans mon crâne alors que j'entrai dans la petite bourgade de Castelnaudary.

J’esquissai un créneau parfait devant l’église, lorsque soudain, comme possédé, mon véhicule fut pris de tremblement. De la fumée s’échappait du moteur. Ce gros pingre de cousin Jacky n'avait bien évidemment jamais fait la révision de la voiture et c'est avec une épave rouillée, pour ne pas dire en fin de vie, que je me retrouvais coincé au beau milieu de ce bled paumé.

C’en était trop ! Ivre de rage et de 33 Export, je rossai énergiquement la carrosserie marron caramel de la Citroën à grands coups de savates vengeresses. Je maudissais ma tante d’avoir enfanté un tel avorton, aussi près de ses sous que des jupes de sa mère...

Un combi Volkswagen s'arrêta à ma hauteur. Péniblement, la vitre du conducteur s'abaissa et une tête blonde hirsute pourvue d'une grosse moustache filasse s'adressa à moi en ces mots : " Vous zavez un broblem mein herr ? "

Ma connaissance des langues européennes me permit d’identifier l’individu comme teuton. Son accoutrement, lui, ne laissait aucun doute : j’avais en face de moi un bon gros hippie.

"Zi z’est le kass, che peux vous z’aider...", ajouta-t-il, d’un ton presque mystique.


Extrait des mémoires de Franky, à paraître chez Les Requins Marteaux en 2014.

Saison 2 - Episode 4. Le Bus allemand.

 

Plus d'info sur l'actualité des Requins Marteaux au 2nd trimestre 2013 ici.

 


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Published by association les Requins Marteaux - dans ÉVÉNEMENTS-NEWS-ACTUS
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